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Notre prochain rendez-vous :

Samedi 13 mai 2017 à 20 h 30

Salle du Penher, 14 bis rue du Penher, 56400 AURAY

"Les mound builders : à la découverte de la préhistoire des Amérindiens de l'est des Etats-Unis"                                                  par Cyrille Chaigneau

les mound builders :

à la découverte de la préhistoire des Amérindiens de l’est de Etats-Unis.

 

 

Les Mounds Builders ou bâtisseurs de  tumulus sont un ensemble disparate de peuples amérindiens disparus avant l'arrivée des Européens (les Adenas, les Hopewells, les Mississippis), dans toute la moitié orientale des États-Unis et du  Canada actuels, de la Louisiane au Québec. Ces sociétés se sont épanouies, du milieu du 4ème millénaire avant l’ère commune jusqu’au XIVe siècle, de la côte Atlantique au Mississippi. On estime à plusieurs milliers le nombre des architectures monumentales qu’ils ont édifiées : tumulus géants, tertres, pyramides et autres effigies animales gigantesques en terre.

 

A l’instar d’une connaissance populaire des « Gaulois » inscrite dans le marbre par nos héros nationaux que sont Astérix et Obélix, fruits de l’imaginaire collectif de la 3ème République et de son « roman national », notre connaissance des « Indiens d’Amérique » se réduit le plus souvent à la mythologie fantasmée de la « Conquête de l’Ouest », forgée à grand renfort de westerns et de bandes dessinées (de Lucky Luke à Blueberry en passant par les Tuniques bleues) et imposant l’image des « tribus nomades » des Grandes Plaines de la 2ème moitié du XIXe siècle comme un invariant des peuples autochtones du continent nord-américain.

Depuis l’arrivée des premiers Européens en Amérique du Nord, lesquels eurent la surprise de s’apercevoir que d’autres peuples y vivaient déjà, la question du passé des autochtones s’est posée, question à la fois complexe et épineuse sur le plan politique. Des années durant, la vie des indigènes a été considérée à travers les prismes mêlés du racisme et du romantisme, ce qui permettait d’idéaliser les sociétés amérindiennes d’avant la colonisation tout en justifiant leur destruction. On pouvait imaginer cette réalité indigène comme une ère de ténèbres, sauvage et brutale, ou comme un éden respectueux de l’écologie, où l’homme vivait en parfaite harmonie avec la nature, semblant exister en dehors de l’Histoire.

C’est ce que contredisent avec force les travaux de l’archéologue Timothy Pauketat sur Cahokia, la plus grande ville amérindienne au nord de Mexico. A son apogée, au XIIe siècle, ce centre urbain implanté dans les plaines alluviales du Mississippi, dans l’ouest de l’Illinois, à quelques kilomètres à l’est de la moderne Saint Louis, était probablement plus grand que le Londres de l’époque. Son influence économique, culturelle et religieuse s’étendait sur une grande partie du centre des Etats-Unis. Il était doté d’une place centrale de 25 hectares et abritait la troisième plus grande pyramide du Nouveau Monde (ou “colline des Moines”, de plus de 30 mètres de haut). Cahokia comptait au moins 20 000 habitants. Cela peut paraître insignifiant du point de vue du XXIe siècle, mais il faudra attendre près de six cents ans pour qu’une autre ville, Philadelphie, atteigne la même taille sur le territoire des Etats-Unis.

Et même, voilà à peine une génération de cela, beaucoup d’archéologues et d’anthropologues américains auraient trouvé l’expression “ville indigène” (Native American city) curieuse et contradictoire. La vision universitaire du passé n’était finalement pas si éloignée que cela de l’idée que s’en faisait la culture populaire : les Indiens d’Amérique vivaient sans surexploiter la terre, organisés en sociétés de chasseurs-cueilleurs que complétait une agriculture de subsistance. Peut-être avaient-ils des “centres cérémoniels”, ainsi que des villages saisonniers et des camps de pêche et de chasse, mais ils n’habitaient pas sur des sites permanents, et encore moins de grandes dimensions. Aux yeux de Pauketat, ce canon universitaire est la version aseptisée, politiquement correcte, des préjugés durables à l’encontre des capacités des Amérindiens.

Car si Cahokia est de loin le plus grand de ces sites, ce n’est certainement pas le premier, ni le seul. Ce site est emblématique de ce que les archéologues appellent aujourd’hui les Mounds Builders ou bâtisseurs de tumulus, à savoir un ensemble disparate de peuples amérindiens disparus avant l'arrivée des Européens (les Adenas, les Hopewells, les Mississippis), dans toute la moitié orientale des États-Unis et du Canada actuels, de la Louisiane au Québec. Ces sociétés se sont épanouies, du milieu du 4ème millénaire avant l’ère commune jusqu’au XIVe siècle, de la côte Atlantique au Mississippi. On estime à plusieurs milliers le nombre de ces édifices, tumulus, tertres, pyramides et autres effigies animales gigantesques en terre dont les premiers ont été aménagés vers 3 400 avant notre ère.

Au moment où on se pose la question de comprendre les dynamiques de fonctionnement des sociétés du Néolithique moyen dans le Morbihan sud, autour du centre de pouvoir que constitua Carnac au milieu du Ve millénaire, avec leurs échanges à longue distance de biens de prestiges, il n’est pas inintéressant de jeter un œil de l’autre côté de l’Atlantique et de trouver dans ces sociétés pré et protohistoriques, fonctionnant comme des économies-mondes, quelques fructueux éléments de réflexion.

 

Cette causerie nous permettra de découvrir une archéologie américaine, depuis les premières explorations effectuées en 1784, sur les tumulus de sa propriété de Virginie, par Thomas Jefferson (initiateur des techniques de fouilles stratigraphiques et… futur président des Etats-Unis !), jusqu’aux données les plus récentes de la recherche dans le cadre complexe de la réaffirmation sociale et politique des « Native Americans ». Nous évoquerons aussi l’histoire de la colonisation du continent nord-américain, moins connue que celle de l’Amérique Centrale et du Sud. Enfin, ce sera aussi l’occasion d’un beau voyage dans les paysages méconnus de l’est des Etats-Unis… »

Cahokia – Monk's Mound – Illinois

Effigy mound dit Serpent Mound – Ohio

La bibliothèque est ouverte le 2e samedi de chaque mois (après la conférence)

de 16h45 à 18h15.

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Prochain rendez-vous

Samedi 10 juin :

sortie annuelle

 

-Musée de la Compagnie des Indes à Port-Louis

-Auberge de Kernours

-Chapelle de Locoyarn et vue sur le manoir

-Eglise de Merlevenez